Gynécomastie et adipomastie

LE MOT DU CHIRURGIEN

La gynécomastie est le développement excessif du sein (glande et graisse) chez l’homme ou l’enfant de sexe masculin, d’un seul côté ou des deux côtés, de façon symétrique ou non. L’adipomastie pectorale est une forme de gynécomastie à composante essentiellement graisseuse.

Elle peut apparaître  transitoirement de façon physiologique à certaines périodes hormonales particulières de la vie :  à la naissance,  à la puberté, ou  à l’âge adulte lors de l’andropause (par diminution de la sécrétion de testostérone et augmentation de la LH et de la FSH).

Mais devant une gynécomastie ou une adipomastie qui se pérennise, un bilan complet hormonal et radiologique (mammographie, échographies mammaire et testiculaire) sera systématiquement effectué par un endocrinologue, à la recherche d’une éventuelle cause pathologique générale ou médicamenteuse accessible à un traitement spécifique. En effet, des  médicaments et substances en cause peuvent être : oestrogènes, androgènes, antiandrogènes, cimétidine (Tagamet), spirono-lactones (Aldactone, Aldactazine), digitaliques, antidopaminergiques, Aldomet, neuroleptiques, antidépresseurs surtout tricycliques , antiserotoninergiques, Amphétamines, digitaliques, Kétoconazole, Cétirizine, chimiothérapies antimitotiques, isoniazide, hydroxyzine, allopurinol, alphaméthyl dopa, certains antiémétiques,diazepam, héroïne et cannabis… Ou alors des causes pathologiques générales peuvent être beaucoup plus rarement retrouvées : tumeurs du testicule, du sein ou du rein, syndrome paranéoplasique des bronches, cirrhose du foie, insuffisance testiculaire (hypogonadisme), insuffisance rénale, maladie de la thyroïde (hyperthyroïdie), syndrome de Klinefelter, maladie d’Addison, acromégalie, dystrophie myotonique de Steinert.

Mais tout ce bilan est souvent négatif, et la gynecomastie est alors dite « idiopathique » (donc sans cause retrouvée).

Le bilan  radiographique mammaire permet de déterminer le type de la gynécomastie : glandulaire pure, graisseuse (adipomastie qui accompagne de façon constante le surpoids ou l’obésité), ou souvent mixte.

Les petites gynécomasties, extrêmement banales, ne nécessitent souvent pas de traitement chirurgical (un traitement médical avec un gel à base d’androgène en application locale peut être prescrit par l’endocrinologue),  mais l’indication chirurgicale se pose, après avis de l’endocrinologue, lorsque la déformation est importante et/ou qu’il existe un retentissement psychologique important.

Le traitement chirurgical varie en fonction du type de gynécomastie. Les formes graisseuses (adipomasties) répondent bien à la lipoaspiration (liposuccion). Les formes glandulaires nécessitent l’exérèse du noyau glandulaire en arrière de l’aréole par une petite incision pratiquée en périphérie de l’aréole, ou sous-mammaire. Les formes mixtes sont accessible à la lipoaspiration, puis à l’exérèse chirurgicale du résidu glandulaire qui n’a pas pu être aspiré par la liposuccion; il est laissé une couche de 8 – 12 mm de glande, pour la vascularisation de l’aréole et l’aspect esthétique. Si la peau est en excès et ne se rétracte pas , ou que le sein est trop  ptôsé (tombant, avec formation d’un sillon sous-mammaire), un redrapage cutané est nécessaire, au prix d’une plus longue  cicatrice sur le sein.

Renseignements pratiques

Préparation: Douche antiseptique la veille.
Temps d’hospitalisation: 24 à 48 heures.
Durée de la chirurgie: 1 H 30 à 2 H.
Anesthésie: Générale.
Douleurs:

Modérées (1 à 3/7) calmée par antalgiques modérés en courte durée.

Soins:

Drain 24 à 48h, pansement postopératoire compressif, puis vêtement compressif type boléro pendant 3 semaines, position coude au corps 8 jours puis levée progressive des bras.

Complications: Hématome, infection, retard de cicatrisation, « creux » par excès d’exérèse, nécrose de l’aréole, altération de la sensibilité, accidents thrombo-emboliques rares.
Contre-indications: Tabac, hypertension, diabète mal équilibré, traitement faisant saigner.
Suivi: Visite à 8-10 jours – contrôle à 2 mois, 6 mois et 1 an.
Eviction sociale: 8 jours – Reprise progressive du sport après 1 mois.